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Vivre à l’Abbaye Royale…

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Au fil de l’histoire, au temps de l’ordre fontevriste comme lors de la période carcérale, nombreux étaient ceux qui vivaient dans l’Abbaye Royale pour en assurer l’administration et l’entretien. Une petite ville, en perpétuelle transformation.

 

Les pensionnaires de l’Abbaye

Les « commensaux », officiers, employés, et pensionnaires de l’Abbaye Royale pouvaient être nombreux. En 1640, Jean Lardier, bibliothécaire et historien de l’ordre de Fontevraud, y recense ainsi pas moins de 90 personnes au service de la cité monastique : intendant, médecin, chirurgien, apothicaire, boulanger, boucher, forestier, « botcheleur » (chargé de la distribution du foin)…

 

Boulanger et boucher, juge et sacristains

Ces personnes vivaient, en famille quand elles étaient mariées, dans la Grande Clôture, c’est-à-dire dans la clôture générale, distincte de celle des religieuses. L’Abbaye Royale comptait ainsi une tonnellerie, une buanderie, un moulin, une boulangerie, une graineterie, une boucherie, des écuries (« fannerie »), des logements pour le médecin et le chirurgien… Aujourd’hui encore, plusieurs édifices, vendus comme biens nationaux à la Révolution, témoignent de ces anciennes affectations. La « secrétainerie », au nord de l’abbatiale, abritait les sacristains. Au fil du temps, ses usages varièrent, du logement des frères convers à l’hébergement d’hôtes de passage. À proximité se trouve le logis du sénéchal : cette bâtisse abritait, au 18e siècle, le sénéchal de l’Abbaye, dont la fonction était de rendre justice pour le compte de l’abbesse. Il exerçait sa fonction dans le tribunal situé au premier étage des anciennes halles (emplacement actuel de la mairie).

Le directeur de la prison chez l’abbesse

Durant la période carcérale, certains personnels pénitentiaires disposent d’un logement de fonction, sur place. Le directeur est installé dans un appartement de 250 m2 dans l’ancien logement de l’abbesse, le palais abbatial, dans la cour d’honneur. Aujourd’hui, on y accueille les artistes en résidence. L’économe, mais aussi le médecin de la centrale, ou encore le coiffeur de l’administration pénitentiaire, possèdent eux aussi leur logement de fonction. Ceux de l’économe et du coiffeur – strictement identiques, bâtis au début du 19e siècle par l’ingénieur Charles-Marie Normand – encadrent la cour de l’écrou et disposent d’une cave et d’un jardin privatif entièrement clos. Le logis de l’économe, restauré en 2011, est aujourd’hui appelé « Pavillon Normand » et accueille des équipes de Fontevraud.

En 1828, on construit dans la cour d’entrée le « casernement », pour abriter la compagnie d’infanterie chargée de la garde de la prison. Après avoir tenu lieu de salle des fêtes de la commune et de salle d’exposition, c’est aujourd’hui le bâtiment d’accueil des visiteurs.

 

dortoirs dans l'église
Dortoirs dans l’église abbatiale

 


Article à retrouver dans Fontevraud Le Magazine n°2

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