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Stéphane Bern, le fou de la Reine

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Homme de télévision et de radio, Stéphane Bern est venu en Août 2015 à l’Abbaye Royale de Fontevraud pour évoquer un sujet qui lui tient à cœur. « Aliénor d’Aquitaine, une rebelle au Moyen Âge », c’est le titre de cet épisode inédit de l’émission Secrets d’Histoire, tourné en partie à l’Abbaye, au printemps 2015…

 

Vous étiez-vous déjà rendu à Fontevraud avant le tournage de Secrets d’Histoire ?

STÉPHANE BERN : Oui, quand j’étais gamin. L’Abbaye Royale m’avait impressionné, mais j’en gardais le souvenir d’un lieu un peu triste, laissé à l’abandon. À cette époque, la prison n’était pas tout à fait fermée… Quand j’y suis retourné l’an dernier, j’ai été ébloui par la restauration des lieux.

 

Qu’est-ce que ce lieu vous inspire aujourd’hui ?

SB : J’y vois une certaine magie, dans la beauté architecturale et aussi dans le poids de l’histoire, qui est omniprésent. Se trouver près des gisants d’Aliénor d’Aquitaine et d’Henri II Plantagenêt, c’est très impressionnant. Il y a ici presque 1 000 ans d’histoire, de France mais aussi d’Angleterre. Quand on s’interroge sur nos racines, il suffit d’aller à l’Abbaye Royale de Fontevraud. Je me dis souvent que si un jour les langues se taisent parce que l’on n’apprend plus l’histoire, les pierres parleront encore…

Stéphane Bern

Quel est, plus généralement, votre rapport au Val de Loire, qui est souvent à l’honneur dans votre émission ?

SB : Il me passionne. J’y étais encore le week-end dernier, pour tourner au Château de Candé, en Indre-et-Loire. Tous les chemins me ramènent toujours ici. Pour quelqu’un qui, comme moi, aime l’histoire, on est baigné dedans dès que l’on arrive. Les abbayes succèdent aux châteaux, qui succèdent aux cathédrales et aux chapelles. Dans chaque village, vous découvrez un joyau du patrimoine. Pour ne rien gâcher, je trouve qu’il y a dans le Val de Loire une certaine douceur de vivre.

 

D’un point de vue historique, qu’est-ce qui vous intéresse le plus à l’Abbaye Royale de Fontevraud ?

SB : Toutes ces grandes dames qui sont venues s’y retirer dans le silence, à commencer par Aliénor d’Aquitaine, ou encore les filles de Louis XV. L’Abbaye Royale de Fontevraud est un lieu propice à la méditation. Beaucoup de dames de la cour, des reines, des princesses ont voulu y goûter un repos de l’âme. On ne peut qu’être sensible à ça. Il flotte quelque chose de très particulier à Fontevraud. Et, étant moi-même assez féministe, j’aime l’idée que cette abbaye était dirigée par des femmes.

 

Le lien entre royauté et ascèse, que l’on trouve à l’Abbaye Royale de Fontevraud, n’est-il pas surprenant ?

SB : Pas du tout. On a cette image un peu fausse de la royauté, qui serait forcément synonyme de grandeur, de magnificence, de luxe… C’est intéressant de constater ce besoin qu’a toujours eu l’être humain de vouloir retrouver le silence, la méditation, de s’éloigner du fracas du monde. Maintenant, vous allez dans une librairie, et tous les livres vous incitent à faire une demi-heure de méditation par jour, à vous recentrer sur vous-même pour trouver les solutions à vos problèmes. En fait, depuis Aliénor, les choses n’ont pas tellement changé !

 

Pourquoi cette reine vous passionne-t-elle en particulier ?

SB :Parce que c’est un personnage romanesque ! C’était une femme incroyable, qui avait aussi sa légende noire. On l’a quand même accusée d’avoir couché avec son oncle, qui était paraît-il fou d’elle. Elle a divorcé de Louis VII pour se marier avec Henri II Plantagenêt, l’ennemi juré. À la mort d’Henri II, elle a fait le tour de l’Angleterre pour obliger les barons à prêter allégeance à son fils Richard Cœur de Lion, alors emprisonné, et à payer sa rançon. On dit que la somme équivalait à deux ans de récolte des impôts en Angleterre. Il y a des épisodes de sa vie qu’on pourrait à peine croire ! En plus, c’est une femme qui aimait les arts, qui a fait beaucoup pour la langue d’oc, pour l’expression poétique des troubadours. Elle a été une femme lettrée, brillante, beaucoup plus moderne que bien des femmes d’aujourd’hui.

 

Comment se déroule un tournage à l’Abbaye Royale de Fontevraud ?

SB : Là encore, il y a une certaine magie. Chaque fois que je suis en tournage dans un lieu comme celui-ci, je me sens privilégié. Vous n’avez qu’à pousser des portes, et vous découvrez des choses extraordinaires. Vous savez, je ne peux bien raconter les Secrets d’Histoire que si je ressens une certaine émotion en visitant les lieux. C’est évidemment le cas à ici. Pour le tournage, j’ai passé deux nuits dans l’hôtel. J’avais l’impression de me retirer du monde. C’était une expérience unique.

 

L’Abbaye Royale de Fontevraud a-t-elle, selon vous, encore quelques Secrets d’Histoire à livrer ?

SB : Évidemment. Ne serait-ce que parce qu’il s’y déroule des fouilles en permanence. Ceci étant dit, si l’émission s’intitule Secrets d’Histoire, c’est surtout parce qu’on cherche à entrer dans la psychologie d’une personnalité historique, dans son intimité. Il n’y a pas tous les jours des secrets d’État à révéler !

Stéphane Bern


Revoir l’émission « Secrets d’histoire » à Fontevraud :


 Article à retrouver dans Fontevraud Le Magazine n°2

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