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Les mains d’or du tuffeau

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L’un livre chaque année du tuffeau à l’Abbaye Royale, l’autre en a restauré les murs pendant deux ans. Sébastien Guérif, à la tête de l’entreprise Lucet, qui exploite une carrière à Brézé, à 12 km au sud de Saumur, et Emmanuel Taffu, tailleur de pierre chez Bonnel, parlent de leurs métiers avec passion.

 

Sébastien Guérif, exploitant de carrière

« L’entreprise Lucet fournit l’Abbaye Royale de Fontevraud en tuffeau depuis plus de 50 ans. Les frères Jean et René Lucet ont commencé à extraire la pierre dans d’anciennes caves à champignons à Saint-Cyr-en-Bourg en 1964. Aujourd’hui, nous allons la chercher dans une carrière qui s’étend sur 35 hectares à 25 mètres sous le niveau du sol. Elle est située derrière le château de Brézé, très connu pour son réseau de galeries et ses dépendances troglodytiques.

L’extraction est réalisée avec des haveuses auto-portées, qui découpent des blocs dans la paroi. Des coussins d’air comprimé sont ensuite placés dans les traits de sciage pour détacher les morceaux de tuffeau. Après avoir été séchés, ces blocs d’un mètre sur un mètre sont sciés et taillés en fonction des demandes des clients. Nous fournissons aussi bien des éléments massifs pour la construction que des éléments d’ornementation.

En plus de Fontevraud, nos pierres de tuffeau ont approvisionné les chantiers de restauration de centre-ville de Nantes, de Saumur, du château d’Angers, du Parlement de Rennes, du Vieux Mans, de Chinon. Nous réalisons aussi des extensions de maisons anciennes. Il n’existe que cinq entreprises comme la nôtre, en France, qui exploitent des carrières de tuffeau. »

 

 

Emmanuel Taffu, tailleur de pierre

« J’ai appris le métier avec mon père, qui était tailleur de pierre. Après avoir obtenu un CAP en maçonnerie, je me suis spécialisé en taille de pierre chez les Compagnons du Devoir à Saumur. J’étais en apprentissage dans l’entreprise Bonnel, pour qui je travaille toujours aujourd’hui.

On ne choisit pas ce métier pour le salaire. Il faut être passionné et avoir des mains en or. Des mains capables de manier les blocs de pierre et de les découper avec soin, voire de les sculpter. Il est conseillé d’avoir une bonne condition physique pour soulever des charges parfois lourdes et travailler au grand air, perché à plusieurs mètres de hauteur sur les échafaudages.

Ce métier exige aussi de la rigueur dans le respect du cahier des charges des architectes. Lorsque nous restaurons un mur d’un monument classé, nous devons remplacer les pierres abîmées par des pierres de la même taille et d’aspect semblable. Pour donner un aspect vieilli, on utilise une brosse métallique. Cette astuce nous permet de recréer ce que les anciens ont fait. Nous reproduisons les mêmes gestes avec les mêmes outils : le zag pour scier, le taillant qui ressemble à une hache pour dégrossir les surfaces, la massette et les ciseaux.

J’aime aussi ce métier, car il permet de séjourner dans des endroits chargés d’histoire, comme l’Abbaye Royale de Fontevraud. J’y suis resté deux ans, de juillet 2013 à mai 2015, le temps de rénover le porche de l’entrée et les murs de la Cour des Fours. J’ai participé à plusieurs gros chantiers à Angers : au château, au musée des Beaux-Arts et à la cathédrale. Il m’arrive aussi de travailler dans des châteaux privés. Là encore, je découvre des lieux étonnants. »

Travail du tuffeau


Article à retrouver dans Fontevraud Le Magazine n°2

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