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L’abbesse, le pouvoir dans et hors la clôture

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De 1115 à 1792, 36 abbesses se sont succédées à la tête de l’Abbaye Royale de Fontevraud. À la rencontre de ces femmes qui, dès le Moyen Âge, dirigeaient des religieuses, mais aussi… des religieux.

 

L’abbesse, représentante de la Vierge marie

Pour comprendre le rôle des abbesses à Fontevraud, il faut revenir à la création de l’Abbaye, en 1101, par Robert d’Arbrissel. D’emblée, le prédicateur imagine un système très original, dans lequel une communauté religieuse mixte est dirigée par une femme. « L’abbesse était en quelque sorte une figure de Marie. Elle représentait la Vierge, et les moines représentaient Saint-Jean. Ils devaient donc respecter l’amour filial qu’il y a eu entre Marie et Saint-Jean, et servir l’autorité supérieure représentée par l’abbesse », explique Alix Brunel, médiatrice à Fontevraud.

Vœux de chasteté, silence, obéissance…

Dès 1115, la première abbesse, Pétronille de Chemillé, fait les mêmes vœux que les religieuses et religieux qui l’entourent – pauvreté, chasteté, silence, obéissance, clôture – et participe à la vie de la communauté. L’abbesse côtoyait les moniales. Elle assistait aux offices, aux repas, et présidait aux chapitres, qui étaient en quelque sorte des conseils d’administration. Parmi les vœux prononcés, un pourtant ne pouvait être rigoureusement tenu par la religieuse en chef : celui de clôture. « À partir du 17e siècle, au moins, l’abbesse vivait en dehors de la clôture, dans le palais abbatial, qui lui permettait d’accueillir ses invités, ses hôtes de marques, les princes et les princesses qui se déplaçaient pour visiter leurs parentes. » En effet, sur environ deux siècles, cinq abbesses de la famille des Bourbons se sont succédées à Fontevraud. Parmi elles, Renée et Louise de Bourbon, respectivement tante et cousine de François Ier, bientôt suivies par Gabrielle de Rochechouart de Mortemart, sœur de Madame de Montespan, surnommée par Louis XIV « la perle des abbesses » pour son érudition.

 

… Mais ni cloîtrées, ni pauvres

Au-delà de ses origines parfois royales, et presque toujours nobles, l’abbesse bénéficiait de fait d’un important statut, en tant que chef de l’ordre fontevriste. « Elle se déplaçait dans de nombreux prieurés dans l’Ouest de la France et se rendait aussi parfois à Paris, pour vérifier les privilèges. Elle était aussi en charge de toute la gestion administrative des terres et du prélèvement des impôts. » Dans ce quotidien très procédurier, l’abbesse se fait dirigeante d’entreprise. Et le vœu de pauvreté est lui aussi mis à mal : l’ordre a été très riche. Un adage disait : « partout, qu’il pleuve ou qu’il vente, l’abbesse de Fontevraud a rente ».

jeanne-baptiste


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