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Aliénor d’Aquitaine, la reine hors norme

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Aliénor d’Aquitaine (1124-1204), dont le gisant se trouve à Fontevraud, est la plus connue des reines du Moyen Âge. Martin Aurell, spécialiste de cette femme qui fut à la tête de la France, puis de l’Angleterre, livre les éléments-clés pour comprendre ce personnage essentiel dans l’histoire de l’Europe.

 

Le meilleur parti de France

Aliénor se retrouve, dès ses 13 ans, héritière d’un très vaste territoire, l’Aquitaine. Son protecteur, le roi de France, la marie à son fils, Louis VII. Elle participe à la deuxième croisade avec son mari, mais lui donne seulement deux filles. Pas de fils, donc pas d’héritier. « C’est probablement ce qui pousse Louis VII à la répudier, en 1152. »

 

Une légende noire entoure la mère aimante

Moins de deux mois plus tard, Aliénor épouse Henri II, qui devient bientôt roi d’Angleterre. « Elle essaie d’avoir une influence sur son mari, qui a dix ans de moins qu’elle, et qui a construit un empire colossal, celui des Plantagenêt. Il y a un choc de caractères entre ces deux fortes personnalités. »

En 1173, après 20 ans de mariage, elle se révolte, avec les fils qu’elle a eus de lui, contre ce mari autoritaire. En conséquence, elle se retrouve surveillée pendant une dizaine d’années par Henri II, jusqu’à ce qu’il meure en 1189, en se battant contre son propre fils, Richard Cœur de Lion.

Une « légende noire » entoure Aliénor. On l’a notamment accusée d’avoir trompé son premier mari. « Cela tient au fait qu’elle a abandonné le roi de France pour le roi d’Angleterre, et aussi au fait que c’était une femme qui ne voulait pas se laisser marcher sur les pieds, et défendre ses prérogatives en tant que duchesse d’Aquitaine. Ce genre de jugement a toujours existé : encore aujourd’hui, quand une femme droite, intelligente et travailleuse monte dans une entreprise, certaines personnes l’accusent de promotion canapé », sourit l’historien.

 

La grand-mère de l’Europe

« En réalité, Aliénor était une mère aimante, qui a eu beaucoup d’enfants, dont plusieurs deviendront rois. Elle aimait les arts et la culture, a parcouru l’Europe, est allée jusqu’en Terre Sainte. C’était une femme exceptionnelle. » Qui, d’ailleurs, est morte à un âge exceptionnel : 80 ans, à une époque où l’espérance de vie n’excédait pas 45 ans. C’est à l’Abbaye Royale de Fontevraud que cette « grand-mère de l’Europe », au destin hors norme, a choisi de terminer sa vie. Pendant cinq ans, elle réside dans le village, entourée de ses serviteurs, et assiste aux offices de l’Abbaye, parmi les moniales.

Aliénor d'Aquitaine


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